Le Common Core, ce programme éducatif adopté par 46 États américains en 2010, de la maternelle au lycée, soit les enfants de 5 à 18 ans. Des standards uniformisés et non testés, réunis sous le sigle Common Core State Standards Initiative, dont deux exercices de mathématiques donnent la mesure. Une addition à choix multiples, huit jouets dans un coffre et six sur une étagère, où aucune des quatre réponses proposées ne reprend l'énoncé. Puis une soustraction de 35 moins 9 emballée dans quatre consignes empilées en une seule question. Les effets constatés depuis 2010 suivent, perte du goût d'apprendre chez les enfants, régression des capacités de calcul, généralisation du questionnaire à choix multiples jusque dans les universités nord-américaines, et des parents, y compris ingénieurs, incapables d'aider un enfant de neuf ans.
Vient ensuite la question du financement. La fondation Bill & Melinda Gates a investi 173 millions de dollars dans le matériel du Common Core et 2,3 milliards dans l'ensemble des standards, le programme étant relayé par l'administration Obama malgré les protestations de parents et d'enseignants. Le modèle a été exporté. En France, le 30 novembre 2015, Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l'Éducation nationale, signe le même jour un accord avec Microsoft France représenté par Alain Crozier, et un second avec Cisco Networking Academy pour un programme voisin piloté par McKinsey, cabinet également présent auprès de l'exécutif pendant la crise du Covid. Le vocabulaire du partenariat public-privé, signature du Forum économique mondial, revient dans les deux cas.
La dernière partie porte sur la finalité technique. Un document de 170 pages, Promoting Grit, Tenacity and Perseverance, prévoit d'équiper les classes de systèmes d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle et de capteurs mesurant frustration, motivation, confiance, ennui et fatigue. L'arsenal comprend une caméra d'expression faciale, un siège d'analyse de posture, une souris à capteur de pression, un bracelet de conductivité de la peau et un mood meter chargé de lire les visages. Un rapport de 2014, COGS in the machine, big data, common core and national testing, prolonge le dossier, tout comme le souhait d'Arne Duncan, neuvième secrétaire américain à l'Éducation, de suivre chaque enfant de la maternelle jusqu'à la carrière professionnelle. En bout de chaîne, 416 data centers dont les emplacements sont tenus secrets alimentent un ordinateur enterré à Washington D.C., et la collecte s'étend à la santé des enfants, aux revenus, aux opinions politiques et à l'appartenance religieuse des familles, ainsi qu'aux propos des enseignants rapportés par les élèves, avec le précédent des jeunesses hitlériennes en mémoire.