Souveraineté Souveraineté & autonomie
La Cité du Vivant : ce qui se construit au Bénin pendant qu’on débat
Au centre du Bénin, cinquante hectares de terre nue sont devenus en trois ans un lieu qui produit son eau, son électricité et sa nourriture, et qui vend l’eau potable à ses voisins pour quelques centimes. Je raconte ce qui existe vraiment là-bas, j’explique ce que sont une DAO, une blockchain et la finance décentralisée pour ceux qui découvrent ces mots, et je vous dis pourquoi le vrai projet n’e…
Il y a un endroit, au centre du Bénin, où l’on a cessé de parler de souveraineté pour se contenter de la fabriquer. Cinquante hectares, un forage de cent mètres, deux cents poules, une champignonnière. Ça ne ressemble pas à une révolution. C’en est peut-être une.
Depuis des années, j’écris ici que la liberté ne se réclame pas, qu’elle se prend. Que remplacer un système par un autre système ne nous a jamais menés nulle part. Que tant que nous déléguons notre eau, notre nourriture, notre énergie et notre argent à des institutions qui ne nous doivent rien, nous restons des sujets, quel que soit le nom qu’on donne au régime.
Le problème, avec ce genre de phrases, c’est qu’elles ne coûtent rien à écrire. On peut en produire indéfiniment sans qu’un seul litre d’eau potable sorte du sol.
C’est pour cette raison que le projet dont je veux vous parler aujourd’hui m’intéresse autant. Il ne propose pas une théorie de l’autonomie. Il en donne une adresse postale.
Trois ans, et pas un discours
En octobre 2023, au village de Houandégo, dans la commune de Ouèssè (département des Collines), il n’y avait rien. De la terre. Cinquante hectares sécurisés par un bail emphytéotique de quatre-vingt-dix-neuf ans, et une poignée de gens décidés à voir jusqu’où on pouvait aller.
Trois ans plus tard, voici ce qui existe. Je reprends la liste telle quelle, parce que c’est elle qui compte :
- Un forage de cent mètres alimenté par pompe solaire, un château d’eau, des systèmes d’irrigation.
- Une installation solaire hors réseau, renforcée à chaque étape.
- Onze cultures vivrières et médicinales : maïs, soja, manioc, igname, arachide, haricots, artemisia, stévia, curcuma, moringa, neem.
- Une unité de production d’huile d’arachide, un magasin de stockage et des séchoirs qui réduisent les pertes après récolte.
- Une champignonnière de 100 m² avec son propre laboratoire de semences, qui produit toute l’année, y compris quand les pluies manquent.
- Un poulailler bio de 200 poules pondeuses en liberté.
- Un bâtiment avec dortoir de dix-huit places, des ateliers, des espaces de transformation, des constructions en matériaux locaux, et deux centres d’information et de formation à Abomey-Calavi et Ouèssè-Centre.
Et ce chiffre, que je trouve plus parlant que tous les autres : l’eau potable est vendue aux habitants du village 25 francs CFA les 25 litres. Quelques centimes d’euro. Dans une commune de cent cinquante mille habitants longtemps tenue à l’écart du développement du pays.
Cent deux mille dollars ont été investis sur le terrain depuis le premier jour, en cinquante opérations documentées. Pas d’argent public, pas de subvention, pas de grande ONG. Les fondateurs, puis les gens qui les ont rejoints en chemin.
Ils sont treize aujourd’hui à faire vivre le lieu, dont sept qui y résident en permanence. Christian Agbla coordonne le domaine au quotidien depuis octobre 2023, c’est lui qui a porté le projet depuis la première pelletée. Nicolas Zinsou supervise les cultures. Abel Tchibozo s’occupe de la champignonnière et du poulailler, les deux activités qui génèrent déjà des revenus réguliers. Nadia d’Or, depuis la Belgique, accompagne l’équipe sur la gouvernance partagée.
Regardez, c’est court, et ça vaut mieux que tout ce que je peux en écrire :
Ce qui rend ce projet différent des autres
Des écolieux, il en existe des centaines. Certains sont magnifiques. Beaucoup s’épuisent au bout de trois ou quatre ans, et presque toujours pour les deux mêmes raisons : l’argent finit par manquer, et quelqu’un finit par décider tout seul.
La Cité du Vivant a traité ces deux problèmes en amont, avec des outils que la plupart des gens n’ont jamais entendu nommer. C’est là que ça devient intéressant, et c’est là que je vais prendre le temps d’expliquer, parce que le vocabulaire fait fuir bien plus que les idées.
Une blockchain, c’est quoi, concrètement ?
Imaginez un cahier de comptes que tout le monde possède en même temps. Chaque fois qu’une ligne y est écrite, elle apparaît chez tous les détenteurs du cahier, et plus personne ne peut la raturer. Ni vous, ni moi, ni celui qui l’a écrite.
C’est tout. Une blockchain est un registre partagé, public, et impossible à réécrire après coup. Son intérêt n’est pas technique, il est politique : elle supprime le besoin de faire confiance à celui qui tient les comptes, puisque personne ne les tient tout seul.
Celle qu’utilise le projet s’appelle Minima, et elle a une particularité qui compte énormément ici : un nœud du réseau, c’est-à-dire un point qui vérifie lui-même les opérations, tient dans un simple téléphone. Dans un pays où peu de gens ont un compte en banque mais où presque tout le monde a un mobile, ce détail change tout.
Un « token », c’est quoi ?
Un jeton inscrit dans ce cahier. Rien de plus. Ce qu’il représente dépend entièrement de ce qu’on a décidé qu’il représente.
Dans le projet, il y en a deux. Le token MERCI (Mesure d’Engagement et de Reconnaissance des Contributions Individuelles) : une heure de travail validée vaut un MERCI. Il ne se vend pas, il ne spécule pas, il enregistre simplement ce que chacun a réellement apporté. Le token CITE : la preuve infalsifiable que vous avez participé au financement, et le droit de participer aux décisions qui vont avec.
Un contrat intelligent ?
Un petit programme qui s’exécute tout seul quand une condition est remplie. Une décision est adoptée, l’action correspondante se déclenche sans qu’on ait besoin de demander l’autorisation à qui que ce soit. La décision et son exécution cessent d’être deux moments séparés, et c’est dans cet écart que se logeait, jusqu’ici, à peu près toute la corruption du monde.
Et une DAO, alors ?
Une Organisation Autonome Décentralisée. Une structure qui fonctionne selon des règles publiques, appliquées automatiquement, sans direction centrale. Ce ne sont pas les statuts d’une association que personne ne relit : ce sont des règles écrites dans le cahier partagé, que personne ne peut contourner discrètement.
Celle qui gouverne la Cité du Vivant s’appelle DAO Universalis. Son fonctionnement repose sur trois choses qui, prises ensemble, forment quelque chose que je n’avais jamais vu appliqué sérieusement.
La décision par consentement. Pas de vote à la majorité. Une proposition est adoptée quand plus personne n’a d’objection motivée. La nuance paraît mince, elle est énorme : dans un vote, 49 % des gens perdent et repartent avec leur frustration intacte. Dans le consentement, on ne passe à l’étape suivante que lorsque les objections ont été traitées. Cinq étapes, de la soumission de la proposition à l’exécution automatique.
Les cercles autonomes. Eau et énergie, agriculture, transformation, finance, accueil des contributeurs, formation, communication. Chacun décide dans son domaine. Seuls ceux qui travaillent ensemble décident ensemble. Personne ne tranche à distance sur un sujet qu’il ne vit pas.
Le facteur d’égalisation. C’est celui-là qui m’a arrêté. Dans ce système, une heure de travail pèse le même poids qu’un apport en capital dans la prise de décision. Vous avez lu correctement. Celui qui met de l’argent ne pèse pas davantage que celui qui met ses journées. Cherchez bien autour de vous combien de structures osent écrire ça dans leurs règles, et surtout combien l’appliquent réellement.
Sur le terrain, cela se traduit par une SAS de droit béninois où chaque sociétaire, en majorité béninois, dispose d’une voix égale. Les gens qui vivent là décident de ce qui s’y passe. Ce n’est pas un projet occidental posé sur l’Afrique, et c’est la raison pour laquelle j’en parle sans malaise.
La DeFi, ou ce qui se passe quand la banque n’est plus au milieu
Reste la deuxième question, celle qui tue la plupart des projets : d’où vient l’argent quand les dons s’arrêtent ?
La réponse tient dans un mot que vous allez entendre de plus en plus : la DeFi, pour finance décentralisée. C’est l’ensemble des services financiers qui fonctionnent sans banque, sans courtier, sans intermédiaire qui prend sa part au passage. Des prêts, des échanges, de l’épargne rémunérée, gérés par des programmes ouverts que n’importe qui peut auditer, plutôt que par une institution qui vous explique que non, vraiment, elle ne peut rien pour vous.
La DAO Universalis en a fait son moteur économique. Une application place les fonds dans ce qu’on appelle des réserves d’échange (des pools de liquidité, sur Thorchain, Maya ou Uniswap) et dans des placements rémunérés. Elle vise un rendement de l’ordre de 20 % par an en moyenne. Une commission de 15 % est prélevée, uniquement sur les gains, jamais sur le capital, au moment du retrait.
Et voici le mécanisme qui donne tout son sens au reste :
- 70 % de cette commission partent dans la trésorerie commune de la DAO, pour financer les projets validés collectivement. La Cité du Vivant est le premier d’entre eux.
- 30 % vont à la maintenance et au développement de l’application.
Prenez une seconde pour mesurer ce que ça implique. Le rendement de l’épargne de gens qui vivent en Europe finance un forage au Bénin. Pas par charité, pas par un appel aux dons qu’il faut relancer tous les six mois : par la mécanique même du système. Une fois la machine lancée, la Cité n’a plus besoin de tendre la main. Elle est financée par un flux qui existe de toute façon.
C’est exactement ce que je cherchais quand j’ai lancé Holitime. Des outils qui rendent la collaboration rentable plutôt que méritoire. Parce que le bénévolat s’épuise, alors qu’un système bien construit, non.
Je dois vous dire une chose, et je préfère vous la dire moi-même avant que vous ne la découvriez seul. Un rendement de 20 % par an est un objectif, pas une promesse. Les marchés crypto montent et descendent, les protocoles peuvent connaître des incidents, et personne ne garantit un capital dans ce monde-là. Vous ne placez là que ce que vous pouvez voir baisser sans que ça change votre vie. Je vous le dis parce que je n’ai jamais pris les gens qui me lisent pour des enfants, et parce qu’un projet qui vous cache le risque vous cachera autre chose ensuite.
Pourquoi je crois que c’est la direction
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il fallait faire tomber le système. J’ai changé d’avis, je l’ai écrit ici. On ne fait pas tomber un système en le combattant sur son terrain : on le rend inutile en construisant autre chose à côté.
Sauf qu’« autre chose », ça reste un mot tant qu’il manque trois pièces. Il faut un lieu qui produise réellement ce dont les gens ont besoin. Il faut une manière de décider qui ne recrée pas un petit chef au bout de six mois. Et il faut de l’argent qui arrive sans rendre personne dépendant de celui qui l’envoie.
La Cité du Vivant est le premier endroit où je vois les trois pièces assemblées et fonctionnelles en même temps. Le lieu existe, il produit, il vend, il forme. La gouvernance tourne, avec ses cercles et son consentement. Et le financement est en train de se brancher sur autre chose que la générosité.
Le modèle est conçu pour être répliqué. Un site est déjà identifié en Asie. Si ça marche à Ouèssè, ça marchera ailleurs, et c’est tout l’intérêt : ce n’est pas un havre pour quelques privilégiés, c’est un prototype qu’on cherche à rendre reproductible.
Le vrai projet n’est pas un village. C’est un réseau.
Je garde le plus intéressant pour la fin, parce que c’est ce qui m’a tenu éveillé après avoir refermé leur site.
Ouèssè n’est pas une destination. C’est un prototype. Les mots employés par le projet sont sans ambiguïté : le modèle est « prêt à être répliqué sur d’autres terres africaines et sur d’autres continents », il est « conçu pour être reproduit partout dans le monde, Afrique, Asie, Europe, Amériques », et un nouveau site est déjà en cours d’identification en Asie. Trois lieux sont ouverts au Bénin. Le chiffre qu’ils affichent en face de « réplications possibles » est le symbole de l’infini.
Alors posez-vous la question avec moi. Que se passe-t-il le jour où il y en a dix ? Trente ?
Ce qui vous retient quelque part
Demandez-vous honnêtement pourquoi vous vivez là où vous vivez. Pas la belle réponse, la vraie.
Votre travail est là. Votre banque est là. L’école de vos enfants est là. Votre médecin est là. Votre couverture santé dépend d’un organisme qui est là. Vos droits à la retraite se calculent là. Et le jour où vous envisagez sérieusement de partir, vous découvrez que ces fils, pris un par un, sont fins, mais qu’ensemble ils forment une corde.
Nous appelons ça être libre de circuler. Nous sommes libres de circuler à peu près comme un chien est libre de circuler dans son jardin : la longueur de la laisse est généreuse, elle n’en reste pas moins une laisse.
Maintenant, imaginez que chaque nœud du réseau produise sa propre eau, sa propre électricité, sa propre nourriture. Qu’on y trouve un toit, des ateliers, des formations, un travail qui a du sens et des gens qui vous attendent. Votre subsistance ne dépend plus d’un pays. Elle dépend d’un réseau.
Ce qui se déplace avec vous
C’est là que les outils dont je parlais plus haut cessent d’être du vocabulaire et deviennent la clé de tout.
Votre voix vous suit. La gouvernance tient dans un téléphone. Vous ne perdez pas votre droit de décision en changeant de continent, parce que ce droit n’a jamais été inscrit dans un registre national : il est dans le cahier partagé. Aucun déménagement ne vous en radie.
Votre travail vous suit. Le token MERCI enregistre chaque heure que vous avez contribuée, où que vous l’ayez contribuée. C’est un historique de ce que vous valez pour le collectif, portable, infalsifiable, et qu’aucun État n’a le pouvoir de délivrer ni de retirer. Appelez ça un curriculum vitae dont vous êtes réellement propriétaire.
Votre argent vous suit. Il ne dort pas dans une banque nationale qui peut geler un compte le temps d’une vérification. Il vit sur un réseau, accessible depuis n’importe quel téléphone, n’importe où.
Et votre place vous attend. Regardez les contreparties de la campagne : à partir de 500 euros, une semaine par an sur le domaine ; à 1 000 euros, un accès à vie. Ce n’est pas un séjour touristique qu’on vous vend. C’est un droit de séjour qui ne passe ni par un visa, ni par un bail, ni par l’autorisation de quiconque. Aujourd’hui ça ne vaut que pour Ouèssè. Multipliez par trente sites.
L’émancipation, le vrai mot
Ce que ça dessine, c’est quelque chose dont nous n’avons pas encore de nom. Pas des expatriés, qui ne font que changer de tutelle. Pas des touristes, qui repartent. Pas des exilés, qui subissent. Des gens dont la vie quotidienne s’appuie sur un réseau de lieux autonomes plutôt que sur un territoire unique, et qui circulent entre ces lieux sans que leur existence matérielle en soit affectée.
Le jour où votre eau, votre nourriture, votre énergie, votre travail, votre monnaie et votre droit de décider existent en dehors de tout État, votre rapport aux États change de nature. Vous n’êtes plus quelqu’un qui demande. Vous devenez quelqu’un qui choisit.
Et ça, ça n’a rien d’une fuite. C’est même exactement le contraire d’une fuite. Un État qui sait que ses administrés ne peuvent pas partir n’a aucune raison de bien les traiter. Un État qui sait qu’ils le peuvent en a soudain beaucoup. La possibilité de sortir est le seul contre-pouvoir qui n’ait jamais eu besoin d’être négocié.
Un mot de prudence, parce que je ne veux pas vous laisser croire n’importe quoi. La question fiscale, elle, ne se règle pas en changeant de mode de vie : la résidence fiscale obéit à des critères précis, pays par pays, et personne ne se retrouve rattaché à aucun État par la seule force de sa volonté. Si ce chemin vous intéresse vraiment, il se prépare, avec quelqu’un dont c’est le métier. L’émancipation dont je parle ici n’est pas une astuce administrative. Elle est bien plus profonde que ça : c’est le fait de ne plus avoir besoin qu’on vous entretienne.
Je précise que cette lecture est la mienne. Le projet, lui, parle de réplication et d’essaimage, pas de nomadisme. Mais quand on aligne ce qu’ils construisent, ce qu’ils annoncent et les outils qu’ils ont choisis, la conclusion est difficile à éviter. Ils construisent le premier nœud d’un réseau. Et un réseau, par définition, ça se parcourt.
Ce que je vous demande aujourd’hui
Une campagne de financement participatif est en cours sur Ulule depuis le 16 septembre, et elle se termine le 1er novembre.
L’objectif m’a frappé par sa modestie : 4 000 euros. Pas quarante mille, pas quatre cent mille. Quatre mille. Et l’argent correspond à deux besoins chiffrés, devis à l’appui :
- Un tricycle motorisé Dayang DY175, 1,5 tonne de charge, renforcé pour les pistes : 1 230 000 FCFA, soit environ 1 875 €. Aujourd’hui, les récoltes partent des champs au magasin à dos d’homme, ou en louant un véhicule à des tiers. Ça limite tout : ce qu’on récolte, ce qu’on transforme, et le moment où on peut vendre.
- Le renfort de l’autonomie électrique : cinq panneaux de 200 W, trois batteries de 200 Ah, un convertisseur de 2000 W, câblage et main-d’œuvre : 855 900 FCFA, soit environ 1 305 €. L’installation actuelle est à sa limite, et la champignonnière et son laboratoire ont besoin de courant.
Le reste couvre la fabrication et l’envoi des contreparties (500 €) et la commission de la plateforme (320 €). C’est le budget entier. Il n’y a rien d’autre dedans.
Au-delà, chaque palier débloque une réalisation supplémentaire : à 5 000 € une moto pour les déplacements hors site, à 10 000 € une première voûte nubienne (un habitat bioclimatique en terre crue, sans ciment ni charpente, construit avec un partenaire local retenu par les Nations unies parmi 2 200 candidats pour le programme Youth4Climate 2026), à 12 000 € cinquante ruches sur un hectare.
Les contreparties vont de 20 € à 5 500 €. Certaines m’ont fait sourire tellement elles sont éloignées du catalogue habituel : un message vidéo tourné depuis Ouèssè avec votre prénom, une plaque sur le mètre carré de champignonnière que vous avez financé, une semaine par an sur le domaine, et pour les deux derniers paliers, une voûte nubienne qui portera le nom de votre choix, gravé à l’entrée, et dans laquelle vous serez logé quand vous viendrez.
La collecte est portée par Les Amis de la Cité du Vivant, association loi 1901 déclarée en Dordogne, créée précisément pour que le public français, belge et suisse puisse soutenir légalement un projet situé à cinq mille kilomètres.
Alors voilà. Je ne vous demande pas de me croire sur parole, je vous demande d’aller regarder. La page Ulule, le site du projet, les comptes qu’ils publient, les visages dans la vidéo. Et si ça vous parle, mettez ce que vous pouvez, même vingt euros, même dix. Sur une campagne comme celle-ci, les tout premiers jours décident de la visibilité que la plateforme lui accordera ensuite. Une contribution symbolique aujourd’hui vaut davantage qu’une contribution généreuse dans trois semaines.
Et si vous ne pouvez rien donner, partagez. C’est gratuit, et ça compte autant.
👉 La campagne : fr.ulule.com/cite-du-vivant
Le projet : cite-du-vivant.org
La DAO : dao-universalis.org
Il y a des jours où l’on a le sentiment que rien ne bouge. Et puis on apprend qu’à Houandégo, un village dont vous n’aviez jamais entendu le nom il y a dix minutes, des gens ont sorti de l’eau de cent mètres sous terre et la vendent à leurs voisins pour quelques centimes.
Ce n’est pas la fin du système. C’est mieux que ça : c’est la preuve qu’on n’a pas besoin de lui.
Dernière chose, et elle boucle une boucle qui me plaît beaucoup.
Parmi les gens qui portent ce projet, il y a Cédric Charles, trésorier de l’association et l’un des cofondateurs. Ce nom vous dit peut-être quelque chose, et pour cause : il était déjà ici en juin 2023. Il a participé au cycle On fait quoi maintenant ? consacré à la souveraineté monétaire, puis au Questions & Réponses qui a suivi, aux côtés de Wojnicz et de Victor Lardé. Nous avons passé ces émissions à parler de création monétaire, de CBDC, de cryptomonnaies et de ce qu’il faudrait construire pour ne plus dépendre de tout ça.
Trois ans plus tard, il finance un forage au Bénin avec exactement ces outils. Ce n’est plus une conversation sur un plateau, c’est de l’eau qui sort du sol.
Je vais donc très certainement l’inviter à revenir en parler sur Quartier Libre prochainement. Il répondra bien mieux que moi à ce que je n’ai fait qu’effleurer ici, et à vos questions, qui seront sûrement meilleures que les miennes. Surveillez le fil d’actualité.
Belle journée à tous
Johann
À suivre
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