Débat enregistré à l'automne 2020, avant la présidentielle américaine, entre Jonathan de l'ExoPortail et Sylvain Laforest, autour d'une question unique : QAnon sert-il l'éveil ou le neutralise-t-il ? Deux scénarios seulement sont retenus pour novembre, une réélection de Trump estimée à 90 %, ou son sacrifice dans un climat de tensions civiles extrêmes (Black Lives Matter, polarisation), pour mettre le feu aux poudres. Le piège tendu aux patriotes et aux dissidents ne se situerait pas du côté démocrate, mais ailleurs.
Le cœur de l'échange porte sur la nature même de QAnon : soit une opération montée dès l'origine, soit un groupe initial supplanté par un autre. Les griefs tiennent à la crédibilité (des échéances annoncées puis démenties par les faits, dont juillet 2018 où l'intervention annoncée de l'armée n'a rien donné), au bannissement du mouvement par les réseaux sociaux, lu comme une fermeture du fan club, et surtout à l'attentisme encouragé par le fameux « la guerre est gagnée, sortez les pop-corns », comparé à un piège au moment où une cabale décrite comme un animal blessé fait le plus de dégâts.
La discussion s'élargit ensuite au calendrier d'un basculement attendu d'ici 2025 au plus tard, à la une de The Economist annonçant une monnaie mondiale née d'un chaos monétaire, au plan Covid comme accélération brutale vers le nouvel ordre mondial, à la chute supposée du Deep State américain avant le World Order, aux Rothschild adossés à la banque centrale chinoise et à Hong Kong, et au risque d'un faux drapeau nucléaire imputé aux Russes. Drake, ex-militaire en lien avec des factions de la Navy, et Cobra sont cités à l'appui d'une purge d'abord limitée aux États-Unis (big pharma, big tech, armée, institutions). Le désaccord final porte sur l'ancienneté de la cabale, jésuites de 1570 et noblesse noire (familles Farnese et Massimo) d'un côté, World Order né en 1773 avec l'infiltration des finances publiques lors de la révolution américaine de l'autre, puis sur le caractère indispensable ou non de Trump pour détruire le Deep State.