Portrait de Céline

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Céline

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Interventions
juillet 2026 → septembre 2026

Biographie

Céline préside l’association Les Enfants-Phare, qui publie le journal Le Pharandol et organise depuis 2022 des « rencontres synergiques » entre collectifs et associations engagés. En 2026, elle porte la parole d’Émancip’Actions, quatre jours de formation à l’émancipation près de Bourges, du 24 au 27 septembre.

Le point de départ

Relier ceux qui agissent

Céline s’est lancée il y a un peu plus de quatre ans. En prenant contact avec de nombreux collectifs, elle fait un constat : beaucoup font des choses semblables sans se connaître, et les rencontres entre collectifs tournent court. Elles sont toujours organisées par l’un d’eux, qui finit par tirer la couverture à lui. Son équipe quitte alors le collectif dont elle faisait partie, pour se mettre au service de tous, avec une idée simple : une équipe d’organisation neutre, qui relie les initiatives entre elles.

Une association

Les Enfants-Phare

Les Enfants-Phare se décrivent comme une bande d’électrons libres, sans étiquette, qui mettent leurs moyens de communication au service de ceux qui construisent le monde de demain. Le nom dit le projet : garder son âme d’enfant, et faire le phare sur les initiatives qui méritent d’être connues. Le groupe s’est constitué en association loi 1901, notamment pour pouvoir imprimer et expédier son journal.

Ce journal, Le Pharandol, mêle dans son titre le phare et la farandole. Mensuel pendant deux ans, il paraît aujourd’hui en numéros thématiques, tous les trois ou quatre mois. Tous les numéros sont gratuits en version numérique ; les éditions imprimées sont vendues à prix coûtant, ou contre un don libre en Ğ1. Les derniers ont porté sur la santé, l’eau, la monnaie, l’émancipation numérique et, en mars 2026, les initiatives citoyennes.

Sur la page de l’équipe, chacun porte un titre qui joue sur le mot « phare ». Céline y est la « Phare-à-on », facilitatrice du « nous collectif », de la cohésion et de la synergie.

Deux fois par an

Les rencontres synergiques

Depuis 2022, les rencontres synergiques réunissent deux fois par an des acteurs de terrain pour un week-end de partage. Au début, chaque collectif y envoyait deux représentants ; depuis 2024, des ateliers s’y ajoutent. Rarement plus de cinquante personnes à la fois, et des repas préparés ensemble. Huit éditions ont eu lieu, la dernière en mai 2026. Pour Céline, la « synergie » désigne simplement le regroupement des gens qui souhaitent œuvrer pour le vivant.

Les premières rencontres visaient à faire travailler les collectifs ensemble. Elles ont surtout montré les limites de l’exercice, chacun repartant absorbé par son quotidien. Elles ont en revanche tissé des liens solides entre les participants, et c’est de là qu’est née l’envie d’ouvrir ce qu’ils se transmettent à un public plus large.

2026

Émancip’Actions

Émancip’Actions, « la rencontre des nouveaux mondes », se tient du jeudi 24 au dimanche 27 septembre 2026 près de Bourges, un lieu choisi parce qu’il se trouve à six ou sept heures de route au plus de n’importe quel point de la France. Le nombre de places a été volontairement limité à 150, pour garder un format où chacun a le temps de parler avec les intervenants. Le programme compte une quarantaine d’ateliers d’une heure et demie, répartis en huit thèmes : alimentation et eau, habitat, souveraineté numérique, santé, monnaie et finance, vie en société, éducation et enfance, posture individuelle. Il n’y a pas de tête d’affiche.

L’événement est bénévole et autofinancé : les prix couvrent les frais, et un éventuel excédent sera réinvesti dans d’autres rencontres. Céline se présente comme la porte-parole d’une équipe de quarante à cinquante bénévoles, à peu près un pour trois participants. Elle y coanime un atelier sur la résilience alimentaire des communes, et un atelier pratique sur la protection des données, préparé avec des spécialistes à partir de son expérience d’utilisatrice. Les ateliers sont filmés avec l’aide des médias indépendants partenaires. Son objectif va au-delà du week-end : former des gens qui formeront à leur tour.

Le site de l’événement, emancipactions.fr, a été réalisé bénévolement par Johann Fakra.

Un annuaire

KiFaitKoi

Avec la même équipe, bénévole au Pharandol, Céline porte aussi KiFaitKoi, un annuaire des initiatives alternatives pour l’autonomie et la résilience. Plus de soixante-dix initiatives y sont référencées, dans quatorze domaines, de la résilience alimentaire aux médias indépendants, en passant par la santé, l’éducation et les outils juridiques. Chacun peut y proposer une initiative, et l’équipe met en relation les porteurs de projets qui cherchent de l’aide. Le site est lui aussi l’œuvre de Johann Fakra.

Une définition

S’émanciper, en trois temps

Pour Céline, s’émanciper ne veut pas dire sortir du système pour vivre à l’écart, ce qui isole et laisse tomber ceux qui restent dedans. C’est d’abord ne plus en dépendre, pour pouvoir lui dire non sans le payer trop cher. C’est ensuite ne plus le subir, en cessant de consentir à ce qui est légal mais n’est plus légitime. C’est enfin ne plus l’alimenter, par sa consommation, son argent ou sa colère. Elle insiste sur l’alliance entre la posture intérieure et les outils extérieurs : sans travail sur soi, les outils ne suffisent pas, et sans outils, la révolte tourne à vide.

On ne peut pas faire d’action collective efficace si soi-même on n’est pas clair.

Dans les groupes, elle parle du « précieux facteur humain » là où le milieu associatif emploie d’ordinaire un sigle moins aimable : les ego, la fatigue et les tensions qui font échouer tant de collectifs, et qu’on peut apprendre à traverser. Pour la gouvernance des rencontres, elle a repris des outils de l’Université du Nous en les adaptant au groupe. Le maître mot, dit-elle, c’est l’adaptation.

Faire avant de transmettre

À l’échelle d’une commune

Céline dit avoir mis en place elle-même presque tout ce qui sera présenté dans les ateliers, pour voir ce qui marche et ce qui bloque, et s’être fait aider quand elle ne savait pas faire. Elle défend une action locale et légale. Elle est allée voir seule son maire pour lui parler des agriculteurs de son territoire, qui ferment ou sont rachetés, et lui proposer son aide. La démarche, dit-elle, a été très bien reçue. Elle s’appuie sur les outils de SOS Maires et sur les plans de résilience alimentaire des communes, pour développer les circuits courts et les produits locaux dans les cantines.

Dans les médias indépendants

Céline a présenté Émancip’Actions et sa démarche dans de nombreux médias indépendants au printemps et à l’été 2026 : Reporter Citoyen Belge, KATE TV, où elle avait déjà parlé de sortie de banque et d’indépendance des médias, le magazine Nexus, où elle a aussi signé un article sur la vie en collectif, La Bonne Nouvelle, Lise Philippe et Louis Fouché. Le 22 juillet 2026, elle a animé la soirée spéciale de présentation de l’événement, diffusée simultanément par une douzaine de médias indépendants.

Sur Quartier Libre

La soirée spéciale Émancip’Actions du 22 juillet 2026 est à revoir sur Quartier Libre, ainsi que l’article de Johann Fakra consacré à l’événement, « Émancip’Actions : quarante ateliers pour reprendre la main ».